Rechercher
  • C'est Mon DRH

Absentéisme au travail : le reflet de notre société


Quelques chiffres clés de l’absentéisme en France en 2017


Taux moyen d’absentéisme : 4,72 % (contre 4,59 % en 2016)

Ce qui représente en moyenne 17,2 jours d’absence par salarié en 2017.


Ce taux augmente chaque année.


Le nombre de jours d’arrêt de travail est de 12 par an (hors week end) dans le privé, de 15 dans la fonction publique, et seulement de 3 jours chez les travailleurs indépendants.


Une inflation des arrêts maladie s’observe dans les secteurs où les jours de carence sont pris en charge.


Le Sud Ouest fait partie des territoires dans lesquels le taux d’absentéisme est le plus élevé (5,04 % en Nouvelle Aquitaine)


Pourquoi ?

Impacté par des taux de chômage élevés, les salariés sont moins enclins à partir d’un emploi insatisfaisant.

L’absence devient donc un recours au manque d’intérêt pour son travail.


Secteurs d'activité présentant les plus forts taux d’absentéisme :

5,31 % : La santé (sous effectifs, surcharge de travail et d’heures)

4,86 % : Le commerce (relations avec la clientèle de plus en plus dures)

4,84 % : Les services



En 2017, le taux d’absentéisme chez les femmes était de 5,30 % contre 3,54 % chez les hommes.


Pourquoi ?

Les femmes portent encore majoritairement la charge mentale liée à la gestion du foyer, et sont de fait plus absentes au regard de leurs contraintes familiales ( enfants ou parents)

Elles sont aussi plus exposées à des gestes répétés.

Cet écart s’explique aussi par une part plus élevée des femmes en situation monoparentale, et donc plus directement impactées par les maladies et les difficultés familiales.


Le taux d’absentéisme augmente en fonction de l’âge.

Parallèlement à ça, le taux de « Toujours présents » (aucune absence de l’année) augmente également avec l’âge.


Les jeunes sont moins longtemps absents mais plus souvent, contrairement aux aînés.

Mais l’âge n’influence pas l’absentéisme.


Au contraire, l’ancienneté dans l’entreprise est un facteur majeur d’influence dans l’entreprise.


Contrairement à ce qu’on pourrait penser, plus l’ancienneté est élevée, plus l’absentéisme baisse.

On constate que plus les salariés sont installés dans l’entreprise, plus les engagements professionnels et personnels sont importants.


Les facteurs d’absence sont transgénérationnels. Ils sont liés, quel que soit l’âge, à :


1- La qualité de vie au travail

2- La santé liée au travail

3- La santé personnelle et celle des proches


Les facteurs de motivation :


1- L’autonomie au travail

2- L'ambiance de travail (convivialité entre collègues et ambiance dans l’entreprise)

3- Les horaires adaptés

4- Les évolutions de salaire


L'explosion des arrêts maladie longs


Depuis 2012, l’allongement de la durée des arrêts longs ( + de 30 jours) a augmenté de 10 %.


Pourquoi ?

Parmi les explications avancées, le recul de l’âge du départ à la retraite.

Les plus de 50 ans ( 42,7 % en 2016 contre 34,8 % en 2012) sont surreprésentés.

Le risque de maladie grave augmente avec l’âge. On note aussi une usure psychique et psychologique qui rend le retour à l’emploi des seniors difficile.


L’absentéisme maladie de longue durée est également alimenté par un phénomène qui prend de plus en plus d’ampleur dans le monde du travail, celui de la hausse de l’inobservance des arrêts maladie.


En 2018, 42 % des salariés se sont vus prescrire au moins un arrêt de travail.


Pourtant, 23 % des arrêts maladie prescrits n’ont pas été suivis par les salariés contre 19 % en 2016. 8 % n’ont pas été pris en totalité et 15 % n’ont pas été pris du tout.


68 % des salariés déclarent aller travailler même lorsqu’ils sont malades, même s’ils sont 82 % à considérer que leur santé est prioritaire sur leur travail.


Pour des raisons de conscience professionnelle et de poids de leurs responsabilités, 48 % des dirigeants et 22 % des cadres ne prennent pas l’arrêt prescrit contre 14 % des salariés et 11 % des ouvriers.


Le sur-présentéisme représente un véritable cercle vicieux pour les entreprises, car si venir travailler en étant malade réduit le taux d’absentéisme maladie sur le court terme, les conséquences sur le long terme peuvent être désastreuses, avec des risques de pathologies ou d’épuisements graves nécessitant un arrêt maladie supérieur à 30 jours.


Les arrêts courts ( de 1 à 3 jours) représentent 40 % du nombre d’arrêts maladie, mais seulement 4 % de la totalité des jours d’arrêts.

A contrario, les arrêts longs (+ de 30 jours) qui ne représentent que 13 % du nombre d’arrêts, équivalent à 71 % du nombre de jours d’arrêts.


La taille de l’entreprise est un élément déterminant dans la fréquence et la durée des arrêts : seul 26 % des salariés d’entreprises de moins de 10 salariés ont un arrêt maladie durant l’année, contre 38 % des salariés d’entreprise de plus de 1000 salariés.



Les solutions anti-dysfonctionnement en cas d’absentéisme maladie :


- Le Travail temporaire

Son recours est strictement prévu par la loi, mais le remplacement d’un salarié absent fait partie des cas autorisés


- Le CDD

L’embauche d’un nouveau salarié en CDD pour l’exécution d’une tâche temporaire et précise est autorisée par le droit du travail


- La réorganisation pour palier l’absence

Même si la loi vous oblige à réintégrer le salarié de retour d’arrêt maladie à son poste antérieur, (sauf si le poste n’existe plus ou n’est plus disponible), il vous est possible pendant son absence de réaffecter ses missions à d’autres collaborateurs.


Si la réintégration du salarié ne peut se faire à son poste antérieur, elle devra se faire dans un emploi similaire assorti d’un niveau de rémunération au moins équivalent.

De même, dans le cas où un salarié absent assurait la gestion d’un portefeuille de clients qui a été repris par un autre membre de l’équipe durant son absence, l’employeur devra permettre à son employé de retrouver un portefeuille de consistance équivalente à son retour de longue absence pour maladie.



Vos droits pour la continuité du travail en cas d’absence d’un salarié pour maladie


Dans une grande majorité des cas, la loi autorise l’accès aux emails et fichiers afin de permettre à l’employeur de poursuivre son activité sans pâtir d’un imprévu.



Emails « personnels » ou « privés »

Seuls les emails portant la mention « personnel » ou « privé », ou qui sont stockés dans un répertoire portant ces mentions bénéficient d’une protection..

Dans ce cas, l’employeur a interdiction de les consulter, même en présence du salarié.


Fichiers sur le poste de travail : professionnels par défaut

Les fichiers ont quant à eux, par défaut, un caractère professionnel.

L’employeur peut donc les consulter librement.

Les fichiers identifiés comme « personnels » ne peuvent être ouverts par l’employeur qu’en présence de l’employé ou après l’avoir appelé pour lui demander l’autorisation.


Identifiants et mots de passe : L’employeur peut en exiger la communication

Si identifiants et mots de passe sont en principe confidentiels, l’employeur peut exiger qu’ils soient communiqués dans le cas où un salarié absent détient sur un poste des informations indispensables à la poursuite de l’activité de l’entreprise et où l’administrateur réseau n’est pas en mesure de fournir l’accès au poste de travail.


sources : « mon portail rh »- Le comptoir de la Nouvelle entreprise, Observatoire Malakoff Mederick - 10e baromètre de l’absentéisme et de l’engagement, Ayming (Etude 2018) - L’Express L’Entreprise

73 vues